Poussiere, notre âme à travers la photographie

Lorsque je me suis intéressé à l’œuvre de Lola Khalfa, la série Poussière est peut-être celle qui m’a le plus marqué. Le nom de la série, Poussière, m’a tout de suite évoqué le passage biblique, « Car tu es poussière et à la poussière tu retourneras » Gen 3.19. En effet, que l’on soit croyant ou que l’on pense comme beaucoup de scientifiques que nous sommes poussière d’étoiles, nous sommes réduits à cet état, Poussière. Bien évidemment, retourner à la poussière nous renvoi à l’angoisse suprême de l’humanité, fruit de la seule certitude dont nous disposons dans ce monde, nous allons mourir. Lola Khalfa par le nom de la série, Poussière, s’adresse à nous comme Poussin l’a fait avec son tableau « Et in Arcadia ego », elle nous sort de l’insouciance qui nous entoure, du confort esthétique que nous procure l’œuvre pour nous rappeler l’inévitable réalité, nous retournerons à la poussière.


Série photographie contemporaine, Lola Khalfa, Poussière, danse, noir et blanc

Poussière 1, 2012

Lola Khalfa

Fine Art sur Dibond

50 cm x 75 cm

Et in Arcadia ego

Nicolas Poussin

Musée du Louvre

Fillette courant sur le balcon

Giacomo Balla

Museo del novecento Milan

Et in Arcadia ego, les bergers d'arcadie, Nicolas Poussin
Fillette courant sur le balcon, Giacomo balla, futurisme, peinture Italienne

Là où Lola Khalfa se distingue du simple message funeste de Nicolas Poussin, c’est dans l’utilisation de la danse et du mouvement dans sa série. Pour l’artiste, le corps reste une entité physique distincte de notre âme. Dès lors, l’âme utilise le corps pour s’exprimer, notamment à travers le mouvement. La danse, la sensibilité artistique des danseurs, permit à Lola de gratter en quelque sorte la carapace que nous endossons au quotidien pour photographier l’Âme, ou du moins son expression la plus physique. Comme le futuriste Giacomo Balla avec sa fillette courant sur le balcon, Lola joue sur la matérialité du corps pour exalter son âme, la voir ou du moins percevoir son existence au moment précis où la photographie a été prise.

Poussière 2, 2012

Lola Khalfa

Fine Art sur Dibond

50 cm x 75 cm

Poussière 3, 2012

Lola Khalfa

Fine Art sur Dibond

50 cm x 75 cm

Poussière 4, 2012

Lola Khalfa

Fine Art sur Dibond

50 cm x 75 cm

Ceci nous fait revenir à notre point de départ, la mort et l’âme. Notre corps retourne à la poussière et cela de façon certaine mais qu’en est-il de notre âme. Se peut-il qu’elle nous survive, que le simple fait qu’elle se re-présente à d’autres Hommes à travers la photographie la rende immortelle ? C’est néanmoins ce que tente l’artiste, en nous montrant cet instant corps et esprit, ou poussière et âme fusionnent, la danse.

Poussière 5, 2012

Lola Khalfa

Fine Art sur Dibond

50 cm x 75 cm